Semaine De Mode De Montréal : À l’Atelier Du Duo De Designers UNTTLD
La dernière chose que je voudrais faire, c’est de la mode pour ici. Faut que tu brasses des concepts et des idées qui s’appliquent à tout le monde...
Text by Marine Anaïs
La Semaine de mode de Montréal. Une des seules occasions où l’on peut exhiber ce pantalon jaune citron tout en se fondant naturellement dans le décor. En clôture de la 22e édition, un défilé collectif alliant les designers de la relève UNTTLD (Untitled) et Anastasia Lomonova à LYN par Jocelyn Picard fait jaser les habitués du Showroom. Pour élucider le mystère, entrevue intime dans l’antre de Simon Bélanger et José Manuel St-Jacques, têtes pensantes de la plus fameuse des marques no name.
Montreal Fashion Week: At the Studio of the Designer Team UNTTLD
Montreal Fashion Week, one of the only places where you can wear your bright yellow jeans and blend in perfectly with the decor. To conclude the 22nd edition of this event, a fashion show that combines the works of the designers behind UNTTLD (Untitled), Anastasia Lomonova and LYN by Jocelyn Picard has gotten the Showroom regulars all abuzz. To find out what all the talk is about, we sat down for an intimate one-on-one with Simon Bélanger and José Manuel St-Jacques, the creative minds behind one of the most well-known no name labels.
Univers parallèle
UNTTLD refuse peut-être la catégorisation, mais on ne rate pas une opportunité de coller des étiquettes à ses créateurs : vainqueurs de la compétition télévisée La Collection, couple amoureux, protégés de Denis Gagnon et de Marie Saint Pierre… Les deux hommes préfèrent pourtant être remémorés pour leurs exploits sur le runway.
A Parallel Universe
Although UNTTLD refuses to be categorized, people are always trying to put a label on these designers: winners of the TV competition La Collection, couple in love, protégés of Denis Gagnon and Marie Saint-Pierre . . . Yet, the two men prefer to be known for their exploits on the runway.
Comme inspirations les plus récentes, les fans de science-fiction et de post-punk ont superposé beaucoup d’éléments de la culture populaire, dont des influences cinématographiques épiques et fantastiques, à leur univers esthétique. Résultat de la combinaison? Une trame de fond qui vacille entre rêve et réalité, que Simon Bélanger définit «comme un moyen-âge idéalisé, magique et un peu barbare qui prend place sur une autre planète».
For their latest collection, they incorporated many elements of popular culture and drew their inspiration from their love of science-fiction movies and the post-punk movement. The result? A world that hovers between dream and reality, which Simon Bélanger describes as “the glorified Middle Ages, magical and somewhat barbaric, that takes place on another planet.”
On y croit lorsqu’on jette un œil aux textiles et matériaux éparpillés dans leur atelier. Cuirs, laines, lambeaux de fourrure, accessoires métalliques et jerseys ultrafins forment un tout digne des récits fabuleux de Game of Thrones.
That’s easy to believe when you see the various fabrics and textiles spread throughout their studio. Leather, wool, strips of fur, metallic accessories and ultra-fine jersey all paint a picture that could be described in the popular book, Game of Thrones.
“Who run the World? Girls!”
Les mecs d’UNTTLD habillent les filles et pas n’importe lesquelles. Leur définition de la femme moderne? «C’est le contraire de ce qu’on nous a proposé dans le milieu de la mode depuis vraiment longtemps; cette idée de la femme entretenue, fragile, au bras de son homme… la femme Dior!», me lance Simon. Les affranchis perçoivent leur cliente cible comme une femme indépendante et sexy qui a une tête sur les épaules, une carrière et un agenda bien rempli. Selon eux, les femmes dominent le monde à la manière de l’hymne de Beyoncé, car elles détiennent la clé de l’intelligence émotive. La femme forte ainsi dépeinte est mythifiée par l’imagination des créateurs, qui l’incorporent dans leur univers rêvé.
“Who runs the World? Girls!”
The men behind UNTTLD dress girls, but not just any girls. Their definition of a modern woman? “It’s the opposite of what we’ve been seeing in the fashion world in the past few decades: this idea of a woman supported by a man, fragile, on a man’s arm . . . the Dior woman!, replies Simon. These freethinkers perceive their target-customer as a sexy, independent woman with a head on her shoulders, a career and a busy social life. For them, women rule the world, like the famous Beyoncé song says, because they hold the key to emotional intelligence. The type of woman they describe is mythified in the imagination of these designers, who incorporate her into their dream world.
Leur conception de la beauté? Également à contre-courant de l’industrie de la mode. Ceux dont la collection printemps-été 2012 a présenté des modèles africaines et asiatiques sur les podiums sont las de la définition classique attribuée à la beauté : « La plupart des créateurs de mode à Montréal veulent des belles filles, mais des belles filles comme on l’entend en Amérique. »
Their idea of beauty? It also goes against what is currently seen in the fashion industry. These designers, whose spring-summer 2012 collection was worn by African and Asian women on the runway, are weary of the classic definition of what is beautiful: “Most Montreal designers want beautiful women, but beautiful by American standards.”
Promised Land
Bien que son épicentre demeure le Mile End de Montréal, UNTTLD ne cache pas qu’il aspire à une carrière internationale : « La dernière chose que je voudrais faire, c’est de la mode pour ici. Faut que tu brasses des concepts et des idées qui s’appliquent à tout le monde : autant à une femme sous sa burqa à Dubaï qu’à une petite japonaise », me dit Simon Bélanger.
Promised Land
Although their epicentre remains the Mile End in Montreal, it’s no secret that UNTTLD would like to go international: “The last thing I’d like to do is create styles that suit every woman. To do that, you have to stir up ideas and concepts that apply to everyone: as much for a woman under her burqa in Dubai to a small Japanese woman”, explained Simon Bélanger.
Ce dernier, qui a fait sa maîtrise en design à la Domus Academy de Milan, a tout de même rapidement compris que Montréal était l’une des dernières villes où il est encore possible de lancer sa propre griffe: « L’économie en Europe, c’est pas comme ça que ça fonctionne. Il n’y a aucune aide, aucun support pour le petit. Il faut que tu intègres le gros. Tout est hiérarchisé… À Montréal, si t’es moindrement talentueux, tu peux monter très vite. L’Amérique, c’est encore le Promised land ».
Simon, who completed his Master’s in Design at the Domus Academy in Milan, quickly understood that Montreal was one of the last cities where it was still possible to launch your own label. “The economy in Europe, that’s not how it works. There is no help, or support for the little guy. You have to work with experts. Everything is a hierarchy . . . In Montreal, if you’re the least bit talented, you can move up very quickly. America is still the Promised Land.”
UNTTLD, Semaine de mode de Montréal, Marché Bonsecours, 350, St-Paul E.
Collectif: UNTTLD, Anastasia Lomonova et LYN présenté le jeudi 9 février à 21h
Images by Marine Anaïs


